Impuissance. Tout est dans la tête ? Faux !

Impuissance : ce que les médias vous annoncent pour 2014

Très régulièrement les médias vous annoncent de nouveaux produits miracles pour les problèmes sexuels des hommes comme des femmes.

Pour les femmes aucun produit nouveau n’est annoncé pour 2014.
Pour les hommes 2014 sera une année faste car deux nouveaux produits sont programmés.

Un nouveau Viagra® :
Un nouveau Viagra®, c’est-à-dire un nouveau médicament de la même famille, a en effet été commercialisé en France en avril 2014, sous le nom de Spedra®.
Ce n’est donc pas une révolution, mais un élargissement de l’arsenal thérapeutique destiné aux impuissants et à ceux qui souffrent d’érections insuffisantes.

Une pommade pour les impuissants :
Pour la fin 2014 un autre médicament pour les impuissants devrait aussi être commercialisé en France.
Comme certains hommes impuissants ne réagissent pas ou plus aux médicaments sous forme de comprimés il leur reste à se faire des injections dans le pénis avant chaque rapport d’un certain médicament plus puissant que les médicaments de la famille du Viagra®

Ce nouveau médicament, sous le nom de Vitaros®, se présentera sous forme de pommade et donc devrait être plus facile d’emploi que celui qu’on injecte avec une aiguille dans le pénis.
Malheureusement, si le taux de succès d’une injection dans le pénis est voisin de 100%, le taux de succès de cette pommade semble être aux alentours de 50% et donc risque de provoquer beaucoup de déceptions.

Quoi de nouveau pour les hommes en 2014 ?

Le Spedra®

Il est amusant de penser que l’action du Viagra® a été trouvée par hasard.
En effet, la molécule chimique du Viagra® était testée comme vaso-dilatateur potentiel des artères coronaires et ceux qui étaient ainsi traités ont fait remarquer qu’ils avaient nettement amélioré leurs performances sexuelles !

Avec le Viagra® est donc apparue une nouvelle classe thérapeutique qu’on a appelé la classe des IPDE5.

Le Viagra® a été commercialisé en France en 1998 et a été génériqué au milieu de l’année 2013.

Le Viagra® a représenté véritablement une révolution dans le traitement des troubles de l’érection car pour la première fois un médicament à prendre par voie orale s’est avéré extrêmement efficace, à l’inverse des psychothérapies de tous poils jusque-là en vain proposé pour ce genre de problème.

En 2004 ont été commercialisés en France deux autres médicaments de la famille des IPDE5 : le Lévitra® et le Cialis®.
Le Lévitra® est constitué d’une molécule très voisine du Viagra® tandis que le Cialis® est composé d’une molécule totalement différente qui lui a conféré un avantage certai : le Cialis® reste généralement actif pendant 2 à 3 jours contre quelques heures seulement pour le Viagra® et le Lévitra®.

En avril 2014 a été commercialisé en France un quatrième IPDE5 sous le nom de Spedra®, dont la molécule qui le compose est très différente à la fois du Viagra® et Lévitra® et du Cialis®.
Il est présenté comme ayant une durée d’efficacité intermédiaire entre celle du Viagra®/Lévitra® et du Cialis® et comme ayant moins d’effets secondaires que tous les précédents.

Le Vitaros®

Dès le début des années 80, donc bien avant la sortie commerciale en France du Viagra®, le premier traitement efficace de l’impuissance masculine avait été inventé et expérimenté à Paris par l’urologue Ronald Virag.

Traitement très efficace mais qui nécessitait une injection intra-pénienne, avant chaque rapport sexuel, ce qui limitait forcément sa diffusion.
Au début il s’agissait d’une injection de papavérine, vaso-dilatateur connu depuis longtemps, puis la papavérine a été remplacée par une molécule de la famille des prostaglandines appelée alprostadil.

Au début des années 2000 un laboratoire a eu l’idée, pour éviter l’injection intra-pénienne, de proposer de l’aprostadil à introduire dans l’urètre grâce à une petite canule, commercialisé sous le nom de Muse®.

En fait ce geste n’est pas plus simple qu’une injection intra-pénienne, et il est finalement plus douloureux qu’une injection intra-pénienne qui est totalement indolore, et surtout le résultat était extrêmement variable selon les hommes et selon les jours et donc très décevant alors que l’injection intra-pénienne est constamment efficace lorsque la dose optimale a été trouvée.

Depuis quelque temps est annoncée à la télévision française une crème déjà commercialisée au Canada sous le nom de Vitaros®.
Il s’agit d’une crème à l’alprostadil qui est beaucoup plus simple d’utilisation que Muse® puisqu’il suffit de l’appliquer sur le méat sans intrusion dans l’urètre.

Cette crème devrait être commercialisée en France d’ici la fin de l’année 2014, et sous le même nom de Vitaros®, par le laboratoire Majorelle.

Reste à savoir s’il sera facile de trouver la bonne dose efficace et si cette dose sera constamment efficace, étant donné que les paramètres d’absorption du produit dans la peau et les muqueuses peuvent varier facilement d’un jour à l’autre.

Et de fait il y aura beaucoup de déçus car Vitaros lors des essais cliniques, n’a pas fait mieux que Muse : 1 fois sur 2 c’est un échec.

LE VELO REND IMPUISSANT

Le vélo rend impuissant !

C’est parce que l’impuissance est devenue à une époque un fléau chez les cyclistes professionnels et chez les amateurs acharnés que certains médecins ont fait la relation entre impuissance et pratique intensive du vélo.

L’explication en était simple : le contact prolongé de la selle étroite et dure avec le périnée provoque un écrasement des artères du pénis et en particulier au niveau où se trouvent les clapets de fermeture de ces artères, qui ne se ferment plus complètement, et une fuite veineuse s’installe qui empêche l’érection de se maintenir.

Mais il y a pire !
Certains cyclistes se plaignaient d’insensibilité ou de fourmillement au niveau du pénis et dans ce cas il s’agit d’une atteinte neurologique ou neuromusculaire et c’est encore plus grave car les nerfs qui commandent l’érection sont alors abîmés.

La meilleure prévention pour éviter ces graves désagréments sont les selles, devenues courante maintenant, qui sont carrément échancrées en leur milieu dans le sens de la longueur : ainsi le périnée ne touche plus la selle.

Le vélo est-il un ennemi de l’homme ?

Les méfaits du vélo

Aucun sport ou loisir n’a eu autant d’engouement durant ces 30 dernières années que le cyclisme sous toutes ses formes.

Et depuis longtemps ceux qui passent beaucoup de temps sur leur vélo ont subi divers désagréments liés au contact trop prolongé de la selle du vélo avec l’entre-jambes appelé médicalement périnée.

Ce sont d’abord les professionnels et les semi-professionnels qui ont noté différents troubles, avant l’extension de la pratique par beaucoup d’amateurs.

Tout le monde a entendu parler des irritations du périnée qui conduisent souvent à l’apparition de furoncles douloureux, qui sont l’infection sévère de la base de poils.

Inconnu du public mais bien connu des anciens coureurs cyclistes il faut citer une curiosité appelé par les professionnels le troisième testicule et qui est une réaction à une irritation trop longue du périnée.

En fait il y a deux types bien distincts de troisième testicule :
• une tuméfaction solide, pleine d’un tissu inflammatoire qui se sclérose peu à peu
• un kyste contenant du liquide et qui est du point de vue médical un hygroma ischiatique

Un autre méfait du vélo

Depuis fort longtemps nombre de cyclistes faisant beaucoup de kilomètres se sont plaint de troubles parfois sévères de l’érection.

Mais ils n’avaient pas fait le lien entre leur problème sexuel et leur activité sportive et les médecins pas plus jusqu’à un passé récent.

Cependant, Un pionnier de la sexologie française, injustement oublié, Gérard Zwang, urologue de formation, qui a écrit le seul manuel de sexologie ayant jamais existé, malheureusement ancien et jamais remis à jour, a opéré dès les années 70 de nombreux patients cyclistes, en général professionnels ou semi-professionnel, pour réparer la fuite veineuse provoquée par le contact intensif et trop long entre la selle et le périnée.
Quelques urologues actuellement ont repris le flambeau et pratiquent cette opération, mais il faut savoir que si elle s’avère bien souvent efficace et redonne une bonne érection au patient opéré elle est souvent d’efficacité très limitée dans le temps, et donc, au final, plutôt décevante.

Mais il y a encore pire

En dehors des coureurs cyclistes qui peu à peu se voyaient devenir impuissants il y avait ceux qui pendant les courses ressentaient des sensations étranges ou inquiétantes : fourmillements dans le pénis, sensations bizarres, perte de la sensibilité, endormissement du pénis.

Dans ce cas-là c’est grave car il s’agit d’une atteinte neurologique ou neuro-musculaire qui indique que les nerfs de l’érection sont abîmés : il est alors grand temps d’arrêter la pratique du sport, ou de recourir aux nouvelles selles de vélo.

Les selles de vélo nouvelle tendance

Quand dans les années 2000 les sexologues voyaient des patients cyclistes atteints de troubles de l’érection leur devoir était de leur dire d’abandonner le vélo.

Mais peu à peu les fabricants de selles ont compris que ce problème allait un jour se savoir dans le milieu cycliste et ils ont pensé à faire d’abord des selles avec un creux au centre afin que le périnée ne touche plus la selle, puis ils ont fait carrément une échancrure médiane dans le sens de la longueur.

Une dernière solution était d’enlever le bec avant de la selle afin que seuls les ischions et leur protection musculaire touchent la selle. Ce type de selle, du fabricant français Proust, offre en outre l’avantage de pivoter légèrement à chaque coup de pédale qui en effet provoque une légère rotation du bassin.

Actuellement, même si encore beaucoup de cyclistes amateurs ne connaissent pas les méfaits du frottement du périnée sur la selle, dans les milieux sportifs le message est passé, et les selles échancrées se multiplient, et certaines marques de vélos haut de gamme les équipent d’emblée de telles selles.