Profil de l’impuissant

INTRODUCTION

Scandale ! L’homme ne maîtrise pas son érection

Parmi les grandes énigmes de la physiologie humaine il y a l’absence de commande directe par l’homme de son érection. Je suis capable de commander mon stylo ou mon clavier d’ordinateur, mes doigts obéissent, je suis parfaitement capable de dire, à 18h15, je vais sauter, courir, écrire, mais je suis incapable de dire, à 18h15, je vais bander !

Voici le scandale physiologique qui a probablement hanté l’homme depuis le début de sa conscience. Et il est possible que cet « insoutenable légèreté de l’être » soit un des piliers de l’architecture de notre culture.

Nous possédons physiologiquement les systèmes de commandes pour les mains, les pieds ou les yeux, mais nous n’en avons pas pour le pénis. Il n’y a pas de nerf qui agisse volontairement sur l’érection. Voici une réalité incontournable qui comporte d’innombrables conséquences sur le comportement sexuel, et sur la relation conjugale.

Cela ne veux pas dire pour autant que nous ne pouvons pas provoquer une érection, mais nous le faisons de façon indirecte.

CONSÉQUENCES

Je constate que mon érection est indépendante de ma volonté. Je n’en suis pas directement responsable et l’autre ne peux donc pas l’exiger. En revanche, l’autre a une action déterminante sur mon érection. Nous pouvons ensemble préparer un espace temps favorable et j’ai besoin de son désir, de sa stimulation, pour avoir de grandes chances d’entrer en érection.

Mon érection est donc soumise au bon vouloir de l’autre et c’est pour cela que la masturbation est plus simple. En effet, dans mon fantasme, je fais faire à l’autre ce que je veux, mais dans la réalité, c’est plus compliqué, car l’autre ne répond pas forcément à mes attentes.

Je n’ai pas le pouvoir de bander, c’est l’autre qui a le pouvoir de me faire bander, ce qui change tout. C’est pour cela qu’il y a des femmes bandantes et des femmes non bandantes. Et c’est parfois bien éloigné de critères esthétiques. Une femme bandante est avant tout une femme qui exprime son désir et qui est donc active. Se pose alors le problème de l’activité sexuelle.

CAUSES ET FACTEURS AGGRAVANTS

Une étude chiffrée réalisée en France sur 1000 hommes de plus de 18 ans montre que 11% de la population souffre de troubles de l’érection, soit 2,2 millions d’hommes. Sur ces personnes :

  • chez 2/3 des gens, les troubles sont d’origine uniquement psychologique
  • 6% des cas ont des causes purement organiques
  • plus des 3/4 ne consultent pas
  • la moitié ne sait pas qu’il existe des traitements thérapeutiques

La cause majeure est donc à rechercher dans son environnement et son état d’esprit. N’en parler à personne semble un facteur aggravant.

Cette même enquête révèle les facteurs aggravants suivants :

  • un taux de cholestérol élevé
  • les troubles cardiovasculaires
  • la consommation d’alcool tous les jours

UN BILAN AVANT TOUTE CHOSE

Si vous consultez un médecin, la première étape sera une sorte d’interrogatoire médical. Celui-ci peut prendre la forme suivante :

  • Questions médicales
      • souffrez-vous d’hypertension ?
      • de problèmes cardiovasculaires ?
      • de problèmes urologiques ?
      • diabète ?
      • alcoolisme ?
      • êtes-vous sous traitement ?
  • Enquête sur les problèmes d’érection
      • avez-vous des problèmes pour obtenir l’érection ?
      • la maintenir ?
      • avez-vous des érections matinales ou nocturnes ?
      • pouvez-vous obtenir l’érection autrement (fantasmes, masturbations…) ?
      • y a-t-il des horaires privilégiés ?
      • sont-ils en accords avec ceux souhaités par votre partenaire ?
      • existe-t-il une déformation de la verge ?
  • Problèmes relationnels
      • avez-vous des problèmes relationnels avec votre partenaire ?
      • y a-t-il attirance sexuelle réciproque ?
      • votre partenaire est-elle sexuellement demandeuse ?
      • avez-vous le sentiment d’être rejeté par l’autre ?
      • parlez-vous de vos problèmes sexuels avec votre partenaire ?
      • votre partenaire désire-t-elle participer à la thérapeutique ?

Vous pouvez vous poser ces questions vous-même afin de tenter de détecter la ou les causes de vos troubles d’érection. N’en profitez tout de même pas pour ne pas consulter, ce questionnaire n’est qu’indicatif.

LA DÉMARCHE PSYCHOLOGIQUE

Le patient typique peut avoir les caractéristiques suivantes :

  • cadre stressé
  • sous sédatif léger
  • divorcé depuis 2 ans : errance sexuelle
  • nouvelle partenaire stable
  • tabac et alcool

Il s’agit de quelqu’un qui n’a pas un environnement et/ou une hygiène de vie très favorable à une vie sexuelle équilibrée. En particulier, le guette le cercle vicieux suivant : stress/anxiété -> peur de l’échec/dépression -> stress/anxiété. Ayant éventuellement du mal à dialoguer de ses problèmes avec sa partenaire, il s’enferme dans un mutisme qui risque de favoriser l’émergence de conflits.